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La revitalisation d’une Église, c’est tout simplement le retour à une Église en bonne santé.

Qu’est-ce que la bonne santé d’une Église ? Voici une définition très simple :

Un groupe de chrétiens, rachetés par la grâce de Dieu, où on cherche

  • à aimer Dieu de tout son être (Marc 12.30)
  • à aimer son prochain (Marc 12.31)
  • dans son contexte culturel

Deux éléments sont incontournables pour mener à bien la revitalisation d’une Église

  • Une vision
  • Un processus

Une vision

Le schéma ci-dessous présente une vision d’Église bien adaptée à notre contexte contemporain européen. Ce schéma est souple et permet son utilisation quelle que soit la situation de l’église – par exemple son lieu d’implantation ou son ecclésiologie.

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Une brève explication de l’infographie « Une Église en bonne santé »

La vision d’une Église en bonne santé, développée au European Leadership Forum (ELF), est au fond extrêmement simple, en mettant l’accent sur ce qui semble essentiel pour le bon fonctionnement d’une Église. Il ne s’agit pas d’une définition théologique, et différentes unions d’Églises peuvent proposer des spécificités doctrinales recevables, mais ce schéma se veut la base d’une Église qui vit bien en tant que communauté dans son contexte, car les principes sont immuables.

ÉLÉMENT #1 — Une Église en bonne santé est axée sur l’Évangile.

L’apôtre Paul souligne la centralité de l’Évangile au début du chapitre 15 de sa première lettre aux Corinthiens. Il rappelle aux chrétiens de Corinthe que c’est par la Bonne Nouvelle qu’ils sont sauvés, et il ajoute : « si vous la retenez telle que je vous l’ai annoncée ». En effet, l’Évangile concerne Jésus qui est mort, qui a été mis au tombeau et qui est ressuscité le troisième jour, et c’est « conformément aux Écritures » qu’il faut interpréter le sens de ces événements.

Les apôtres ont cherché à relier tout leur enseignement à cet Évangile, que ce soit en développant les doctrines qui en dépendant ou en expliquant le comportement qui en découle.

Vivons-nous, comme l’apôtre Paul, cette passion de faire connaître la personne et l’œuvre de Jésus ? « J’avais décidé de ne connaître parmi vous rien d’autre que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2.2). « En ce qui me concerne, jamais je ne tirerai fierté d’autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ » (Galates 6.14).

Est-ce que nos chants reflètent la priorité de l’Évangile ? En assemblée, on chante souvent la grandeur de Dieu, sa puissance, sa sainteté, mais un juif ou un musulman pourrait faire de même. Ce sont certes des vérités à proclamer, mais dans nos chants exaltons-nous suffisamment Jésus-Christ, Seigneur et Sauveur ?

Est-ce que notre prédication démontre avec ferveur et intelligence la manière dont tout l’Ancien Testament est une préparation pour la venue du Messie et comment le Nouveau Testament ne parle que de Jésus et de la grâce de Dieu à notre égard ?

L’Évangile, c'est le message dont le monde a besoin ! Oui, le bien et le mal existent vraiment malgré le relativisme moral ambiant si répandu dans notre contexte contemporain. Mais cela n’est pas négatif. Nous pouvons reconnaître ouvertement nos torts personnels (au lieu de nous sentir victimes des circonstances) sans être engloutis par des sentiments de culpabilité, car nous pouvons recevoir un pardon total grâce au sacrifice de Jésus sur la croix. Par conséquent, nous pourrons vivre sous le regard de notre Père céleste et lui faire confiance en ce qui concerne tous les aspects de notre vie. Nous ne sommes pas seuls dans l’univers !

Est-ce là le message central de nos églises ? Ou bien des pratiques légalistes ou des questions secondaires sont-elles devenues plus importantes ? Un véritable enthousiasme pour l'Évangile doit être le point de départ de la revitalisation d'une Église.

ÉLÉMENT n° 2 — Une Église en bonne santé est une Église où les chrétiens apprennent à aimer Dieu et à aimer les autres.

Avons-nous vraiment compris à quel point cet élément est fondamental ? Voyons cela en trois étapes. Cela peut paraître évident, mais c'est vraiment révolutionnaire. C’est à la troisième étape que se situe la pertinence pour la vie et le témoignage d’une Église locale.

1) Dans la première épître de Jean, nous lisons que « Dieu est lumière » (1.7) et que « Dieu est amour » (4.8 et 4.16). Dieu est saint et Dieu est miséricordieux. L'amour est une réalité qui existe de toute éternité au sein de notre Dieu trinitaire, à travers les relations entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Un amour parfait et désintéressé, car Dieu est sans péché. Et cela a un impact sur la vie des hommes et des femmes qu'il a créés. « Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté envers nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que par lui nous ayons la vie » (4.9). « Voici comment nous avons connu l'amour : Christ a donné sa vie pour nous » (3.16).

2) Lorsqu'on a demandé à Jésus quel était le plus important de tous les commandements, il a répondu : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. Voici le deuxième : Tu aimeras ton prochain comme toi-même »

  • Nous apprenons à aimer Dieu en lui faisant confiance et en lui obéissant (1 Jean 4.16 et 5.3).
  • Nous apprenons à aimer nos frères chrétiens et c'est ainsi que les gens sauront que nous sommes des disciples de Jésus (Jean 13.35).
  • Nous apprenons à aimer les non-croyants, selon la prière de Paul pour les Thessaloniciens : « Que le Seigneur fasse grandir et déborder l’amour que vous avez les uns pour les autres et pour tous » (1 Th 3.12).

3) Jésus aimait les gens qu'il rencontrait. Et nous sommes appelés à lui ressembler. Dans le monde sécularisé d'aujourd'hui, le seul contact entre nos contemporains et la foi chrétienne, ce sont les chrétiens qu'ils connaissent. L'évangélisation consiste donc à établir des relations avec les gens, à les écouter, à s'intéresser à eux, à prier pour eux. Les gens se méfient des « méthodes » d'évangélisation et les chrétiens se sentent souvent coupables quand ils pensent à l'évangélisation comme un « devoir » à accomplir.

Aimer les gens, c’est la seule motivation honnête que nous ayons et de toute façon cela correspond à la manière organique et non-prévisible dont une église grandit. Les gens découvrent la vision biblique du monde en côtoyant les chrétiens. Comme l'a écrit une collègue travaillant dans le cadre universitaire : « Ils découvrent que l'évangile est tangible, qu'il est réel à travers les relations, en voyant des chrétiens qui ont des amitiés joyeuses, confiantes et respectueuses les uns avec les autres. Ils voient comment l'Évangile change notre façon de manger, de marcher, de dormir, de rire et de pleurer. Ils voient comment Dieu répond aux prières ».

ÉLÉMENT #3 — Une Église en bonne santé prend en compte son contexte culturel

Lorsque nous lisons le Nouveau Testament, nous voyons à quel point l'Église a dû faire face à de nouvelles questions au fur et à mesure que les apôtres s’éloignaient de Jérusalem. Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul écrit trois chapitres entiers sur la question des viandes offertes aux idoles. Ces chapitres contiennent une argumentation assez complexe sur la nature de l'appel des chrétiens à être dans le monde mais pas du monde (Jean 17.16-18). Ou, comme je le dis parfois : « Le bateau doit être dans l'eau, mais l'eau ne doit pas être dans le bateau ». Mais une chose est sûre : les chrétiens de Jérusalem n'ont jamais été confrontés à cette question de viandes offertes aux idoles alors que les premiers chrétiens ont dû définir leur relation avec chaque culture dans laquelle ils prêchaient l'Évangile et implantaient des églises. Ces chapitres (1 Cor 8-10) tentent de donner des instructions sur deux questions distinctes mais indissociables, à savoir :

  • Comment protéger les chrétiens de l'influence de la culture
  • Comment atteindre les non-croyants dans chaque culture. C'est pourquoi, au chapitre 9, Paul décrit comment il s'efforce d’être comme un Juif pour gagner les Juifs et comme ceux qui sont sans la loi pour gagner ceux qui n'ont pas la loi (en ajoutant « afin d'en sauver de toute manière quelques-uns »).

Prendre en compte notre contexte, c’est reconnaître la spécificité de notre situation locale, de notre situation nationale (avec tout le poids de son histoire) et de notre contexte européen post-chrétien et sécularisé. La déclaration de Lausanne de 1974 l'exprime ainsi : « Avec l’aide de Dieu, il en résultera des Églises profondément enracinées dans le Christ et étroitement rattachées à la culture de leur pays ».

Cela signifie que, bien que nous ayons en commun l'Évangile et l'autorité de la Bible, toutes les Églises évangéliques ne se ressembleront pas (nous devrions éviter d’ailleurs toute approche « copier-coller » dans l'implantation et la revitalisation des Églises). De même, les Églises n'utiliseront pas forcément les technologies et les styles musicaux les plus récents (bien que certaines soient appelées à le faire). En revanche, cela signifie que les Églises en bonne santé éviteront de vivre dans une bulle, en vase clos, séparées de tout ce qui se passe dans le monde. Une église revitalisée cherchera donc à comprendre la culture environnante et à s'y engager en donnant aux chrétiens les moyens d'y naviguer et d'intégrer la foi dans leur vie de tous les jours.

ÉLÉMENT #4 — L’Église rassemblée permet aux chrétiens de « remplir leur réservoir » pour que les bénédictions débordent vers les autres.

À quoi ça sert de nous réunir en en Église, que ce soit en présentiel ou en distanciel ? Nous trouvons la réponse dans Hébreux 10.24-25 :

Et veillons les uns sur les autres pour nous encourager mutuellement à l’amour et à la pratique du bien. Ne délaissons pas nos réunions, comme certains en ont pris l’habitude. Au contraire, encourageons-nous mutuellement.

C'est le seul verset du Nouveau Testament qui nous incite à nous réunir régulièrement, et la raison en est très claire : nous avons besoin de ces moments pour être encouragés à aimer et à faire le bien autour de nous tout au long de la semaine, en nous souvenant de l’amour de Dieu pour nous. Nous nous motivons mutuellement par notre louange, par nos prières et par l'enseignement que nous recevons. Selon la prière exprimée par Paul dans 1 Thessaloniciens 3.12 : « Que le Seigneur fasse grandir et déborder l’amour que vous avez les uns pour les autres et pour tous les hommes ».

En d'autres termes, nous nous retrouvons pour être remplis de courage pour vivre dans le mode sous le regard de Dieu 24/7. Afin d’être sel et lumière dans notre environnement. Afin d’aimer les personnes qui nous entourent. Mais pour arriver à ce résultat, nous serons sans doute amenés à repenser toute notre manière de vivre le culte, par exemple. Mais cela n’est pas une nécessité récente. Voici ce que Jean Calvin a écrit à ce sujet, au début du 16e siècle, dans son « Institution de la Religion Chrétienne » (Vol 4, ch 10). Son désir de s’adapter à différents contextes est remarquable !

En conclusion, puisque Dieu n’a rien dit explicitement de ces formes, parce que ce ne sont pas des choses nécessaires à notre salut et que pour l’édification il faut en user de diverses manières selon les circonstances, on peut les changer et en instituer de nouvelles, et abolir celles qui ont précédé, selon qu’il est opportun pour le bien de l’Église. (…) Il n’a pas voulu nous donner d’ordres particuliers ni nous dicter mot-à-mot notre conduite, car ces choses varient avec le temps et la même forme n’est pas adaptée à toutes les époques.

ÉLÉMENT #5 — Une Église en bonne santé prépare les chrétiens à bien vivre en Église dispersée

Combien de nos contemporains connaissent l’Évangile ? Combien d’entre eux cherchent Dieu ? Et si c’est le cas, entrent-ils spontanément dans une Église évangélique pour cherches des réponses ? Certainement très peu d’entre eux.

Pourquoi ce constat ? C’est parce que la foi chrétienne n’est plus plausible. Cela veut dire qu’elle ne rentre plus dans le champ du possible, elle est comme exclue d’avance. Le philosophe Paul Ricoeur a évoqué “le croyable disponible”, et cela n’inclut pas la foi chrétienne. Cependant notre apologétique classique se concentre plutôt sur ce qui est crédible. Peut-on croire en Dieu ? Est-ce que le christianisme est digne de foi ? Cette approche apologétique est nécessaire, mais nos contemporains n’y sont plus. Pour eux la foi chrétienne n’est plus pertinente, pire elle est même source d’intolérance.

Dans notre société sécularisée

  • Chacun s’estime libre de vivre comme il l’entend sans référence à Dieu. Il n’a pas d’autre source d'autorité que lui-même.
  • C’est « une époque à laquelle la disparition de tout objectif autre que l’épanouissement humain devient envisageable ». (Charles Taylor)

Néanmoins nos concitoyens ne semblent pas aussi épanouis que cela ! Ils cherchent encore des raisons de vivre, ils essaient de trouver leur véritable identité. Mais ils sont happés par leurs écrans qui détournent leur attention vers l’immédiat et le banal. Comme l’a écrit Blaise Pascal : « La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères ».

Le seul contact que les gens ont avec la foi chrétienne, c’est le contact avec des chrétiens dans la vie quotidienne. Il s’agit des réseaux relationnels au sein de la famille, au travail, dans son quartier ou avec les amis. En tant que chrétiens nous avons donc l’occasion de démontrer la plausibilité de la foi en Jésus tout au long de la semaine, en la rendant visible et tangible :

Que, de la même manière, votre lumière brille devant les hommes afin qu'ils voient votre belle manière d’agir et qu’ainsi ils célèbrent la gloire de votre Père céleste. (Matthieu 5.26)

Ayez une bonne conduite au milieu des non-croyants, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous faisiez le mal, ils remarquent votre belle manière d’agir et rendent gloire à Dieu le jour où il interviendra. (1 Pierre 2.12)

Conduisez-vous avec sagesse envers les gens de l’extérieur et rachetez le temps. Que votre parole soit toujours pleine de grâce et assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun. (Colossiens 4.5-6)

Ceci est essentiel dans la société actuelle car l’avis des usagers est important dans le processus décisionnel, par exemple en faisant un achat sur internet. En d’autres termes, le messager précède le message. Nous sommes les « utilisateurs » de la foi chrétienne et par conséquent nous pouvons recommander la foi en Jésus.

Apprenons donc à aimer les personnes de notre entourage en vivant notre foi en Dieu de façon concrète. Nous pouvons démontrer la paix que nous avons en Christ dans notre monde anxiogène et la fiabilité des promesses divines en étant fiables nous-mêmes dans nos relations avec les autres.

 

Un processus

La revitalisation implique un processus. Le schéma ci-dessous indique les étapes à envisager, puisque la revitalisation d’une Église exige une série de démarches qui vont se dérouler sur une période plus ou moins longue.

Ce processus comporte plusieurs éléments simultanés :

  • la dimension spirituelle (comment vivre sa relation avec Dieu)
  • la dimension sociale (les relations des chrétiens entre eux et avec leur entourage)
  • la dimension sociétale (le contexte culturel de l’Église)
  • la dimension structurelle (et en particulier le rôle des responsables)
  • la dimension stratégique (la conduite du changement)

Une église en bonne santé - stratégie

Ma proposition

Compte tenu de contexte spécifique de chaque Église, un accompagnement sous forme d’un séminaire en présentiel ou par zoom (avec un suivi personnalisé en option) serait pratiquement indispensable afin de mettre du concret dans ces deux schémas.

Je me tiens à votre disposition pour assurer un tel accompagnement (ou tout simplement pour apporter quelques éclaircissements ou conseils) : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Par ailleurs, je vous invite à regarder sous l’onglet Nouvelles pour voir si vous ne pouviez pas participer à une formation est déjà proposée quelque part.